Les Éditions de l’Œil
Avoir l’œil aux aguets. Cligner de l’œil, faire de l’œil ou même taper dans l’œil. Faire les yeux ronds, puis les yeux doux... Avoir l’œil, et le bon, ne pas avoir froid aux yeux sans avoir peur de se rincer l’œil de temps en temps, garder les yeux grands ouverts ou encore jeter un œil. Tout est question de regard, ce regard que nous voulons promeneur sur la création vivante dans le monde. C’est ainsi que les éditions de l’Œil s’espèrent passeurs d’images, d’idées, d’arts et d’artistes.

ARTICLE 029 - 31.03.2026
Forever Lili

La vie la pute.
Lili Hinstin s'est barrée.
Elle a si bien porté son nom, Lili.
L'instinct pour ce qui bouge, change, se meut, avance. Les grands films aux bons endroits, ceux qu'elle nous adressait.
Les souterrains qu'elle seule voyait, creusait, pour relier, relier encore et toujours, les gens entre eux, les films entre eux, les fêtes entre elles, les gens aux films et aux fêtes.
Lili avec ses pommettes rondes et hautes comme des pêches mûres au bout d'une interminable branche souple.
Lili avec des lèvres si rouges qu'elles ont tous les jours réinventé notre communisme - le commun, c'était son truc, ça, son génie.
Lili avec son sourire blue velvet et sa voix traînante comme le soleil d'août en Toscane.
Lili toujours une musique en bandoulière et ce sens de la fête comme on partage un gâteau grand comme le grand amour.
Lili et sa faculté à nous apprendre le doute comme étoile du berger et sa seule certitude qu'il faut toujours douter, justement.
Lili qui chante la jeunesse sur tous les tons tous les airs.
Lili les films, Lili les livres, Lili le vin, Lili le lien Lili passion Lili toutes les passions
Lili les yeux brillants brûlants le regard brûlant brillant.
La vie la pute se dépeuple.
À plus dans le bus, Lili. T'en fais pas, on continue les combats.
À toi, Lili, forever. Merci pour tout ça.

