VIGO DANS SON TEMPS – Bernard Eisenschitz
à propos du livre...
Livre de Bernard Eisenschitz
19 x 25,5 cm / 384 pages / novembre 2026
isbn : 978-2-35137-408-5
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Publié en partenariat avec la Cinémathèque française.
Un nouvel éclairage sur la vie et l’œuvre de Jean Vigo : vingt-neuf ans (à peine plus qu’un entre-deux-guerres) d’une « vie engagée dans le cinéma » et quatre films qui vont de l’amour au sexe, des comptines aux blagues de potache – ne pas se gêner pour montrer les fesses d’un élève, mais refuser qu’on frappe un gosse –, des grandes amitiés enfantines à la femme unique. Présentant de nombreuses archives du cinéaste, le livre rappelle les travaux et les jours, ce qui compose un individu et qui, « s’il n’engage pas un artiste, engage du moins un homme », raconte le monde où a vécu Vigo et avec lequel il s’est battu, témoigne d’une pensée anarchiste, d’un goût pour le travail de groupe et d’une recherche d’indépendance.
« Il n’y a qu’un homme, un seul, qui a réussi à faire un tout homogène du cinéma parlant. Vigo. Il a pris le son, l’image, la musique, le dialogue et les a fusionnés – je dis bien fusionnés, pas mixés. [...] S’il y a un film qui a bien l’air d’être naturaliste, c’est L’Atalante, mais il n’est naturaliste qu’en apparence. En vérité, c’est un vitrail. La réalité cinématographique diffère du naturalisme comme les vitraux du verre coloré. Vigo a recréé la vie, il ne l’a pas imitée. » Henri Langlois
« Ces monuments aux morts avec ces ralentis obscènes m’ont beaucoup touché. » Luis Buñuel
« Ce qui juge la stupidité de ce siècle à ses débuts, c’est son attitude à l’égard du cinéma. Là, dix ans et plus du cinéma mondial se sont éveillés, épanouis et résorbés en fumée. [...] Si le Moyen Âge du cinéma a ainsi connu cet étouffement de l’histoire, sa Renaissance a trouvé ses grands historiens. Par Renaissance, nous entendons le passage des créations collectives à demi inconscientes aux grandes personnalités aventureuses. [Eisenstein et Vigo], trouvant l’un et l’autre dans le cinéma la seule réponse à leurs besoins de création, animés à travers cette création d’un profond amour pour l’homme, et hormis cela différents autant qu’on peut l’être, l’un remueur de masses et de machines, l’autre confident des enfants et des chats, l’un dominant son temps avec six films célèbres, l’autre longtemps méconnu entre un film interdit et un film mutilé, l’un pris dans le vertige d’un monde à construire, l’autre pris dans les pièges d’un monde à surmonter [...], l’homme du Potemkine et celui de L’Atalante, le cuirassé et la péniche, ont trouvé des biographes [...] qui nous enseignent quel autre chef-d’œuvre fut chacune de leurs vies, et comme elle aussi doit appartenir, autant que leurs films, à notre culture. » Chris Marker































